Commandant Drakis est une excellente suggestion de lecture électronique (E-Book EPub).
Résumé du Livre
Carl, 15 ans vient en aide aux occupants d'un vaisseau spatial lors d'une attaque de sa planète. Ensuite enlevé par ces mêmes êtres venus d'ailleurs ; que lui réserve l'avenir dans cet autre monde.

Suivez ses aventures pleines de rebondissements. À travers ses amitiés, ses amours et ses contacts, il développera toutes sortes d'habiletés parfois très surprenantes.
Le Livre

Roman d'aventures et de science-Fiction écrit par Robin Leblond.
235 pages, en format électronique seulement (Epub et PDF).
ISBN : 978-2-9813817-1-2 et 978-2-9813817-0-5.
Date de la parution : 2 Septembre 2013.
Lecture
Les quelques premiers chapitres du roman peuvent être lus gratuitement ci-dessous.
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Robin Leblond, Auteur

Prologue

Il venait tout juste de mourir. Son épouse était étendue auprès de son corps encore chaud et elle songeait à tout ce qu’ils avaient vécu ensemble. Elle n’avait pas de peine, au contraire elle était soulagée. Carl était mort avant elle tout comme il l’avait toujours souhaité.

Un peu avant sa mort, il lui avait demandé de déménager en campagne, loin des hôpitaux et de la société. Il voulait mourir en paix et seul avec elle. Depuis leurs premiers jours, il lui avait dit tant de fois « J’ai tout vécu, crois-moi, tu es la seule chose qui me manquait. Si je mourais demain, ce serait sans regret, car j’aurai enfin vécu l’amour. ».

Tant d’années d’amour, pensa-t-elle juste au moment où la nuit s’éclaira. Elle put voir par la baie vitrée qui menait au grand balcon de la chambre, une lumière très éblouissante. Quand ses yeux s’habituèrent, elle put distinguer comme une plateforme ronde qui descendait du ciel. Sur celle-ci se tenait non pas un homme, mais plutôt une créature, un être qui ne venait pas d’ici.

Sans doute aurait-elle dû être terrifiée. Elle regarda ce drôle d’être à la peau grise, aux membres minces, avec une tête démesurément grosse descendre de sa plateforme et s’avancer vers elle d’une démarche chancelante. Il ouvrit la porte du solarium comme s’il était chez lui et s’avança vers elle en la regardant avec ses grands yeux tout en lui souriant comme s’il la connaissait depuis toujours.

Elle s’assit sur le bord du lit. L’être s’arrêta à quelques pas d’elle et elle put voir à sa peau toute plissée qu’il était probablement aussi vieux qu’elle. Puis, il lui dit :

« Je vous fais toutes mes condoléances. Votre mari m’a confié quelque chose pour vous il y a bien des années et il m’a fait promettre de vous le remettre en main propre le jour de sa mort. »

Elle n’était pas surprise, tant de fois son mari lui avait dit qu’il n’était pas de ce monde, son intuition lui avait laissé croire au fil des années que ce n’était pas qu’une blague ou une petite folie, et qu’un jour ce genre de surprise allait lui arriver. Elle lui renvoya son sourire sans rien dire, alors il continua :

« Vous savez, bien avant de vous rencontrer, il avait eu une autre vie. De son vivant, il ne pouvait pas vous raconter. Alors, il l’a écrit, afin de vous la raconter maintenant. »

« Voilà » Lui dit-il simplement en lui tendant une plaque transparente et mince, puis il se retourna et reprit la direction de la sortie.

« Attendez ! Qui êtes-vous ? »

« Je m’appelle Kimar » Puis, il sortit, ferma la porte et remonta sur sa plateforme qui s’éleva et disparue dans le ciel.

Elle posa alors sa main sur la surface lisse de la plaque qui s’illumina et afficha un texte.

Et elle commença à lire :

***

Je me demande depuis longtemps comment raconter ma vie d’avant. J’ai vécu tant de choses que je ne sais pas par où commencer. Cette histoire pourra sembler irréelle, à commencer par le fait que je ne suis pas né ici sur terre, en fait, pas la première fois.

J’ai vécu mon enfance sur un monde du nom Ostra. Ce monde ressemble en tout point à la Terre et les rares différences sont ici sans importances. Je vivais dans un petit village d’environ quatre mille habitants et si peu de gens c’est à peine suffisant pour avoir une petite épicerie, un magasin général, un club vidéo, un bar et un petit centre d’entretien automobile. Si peu de citoyens signifie aussi que tous et chacun se connaissent, avec les bons et les mauvais côtés que cela apporte.

J’étais un adolescent différent des autres pour qui chacune de ses différences représentait un souci. J’étais un peu plus petit que la moyenne, plutôt maigrichon, le visage accablé d’acné, je portais des lunettes et j’étais persuadé d’être le plus laid de ma classe. Comme beaucoup de mes amis, je n’aimais pas beaucoup l’école et j’y faisais le strict minimum. Le sport et moi étions farouchement ennemis et la lecture était mon plus grand compagnon.

Ma mère, elle, ne cessait de dire à qui voulait bien l’entendre que j’étais une vieille âme. Elle l’avait dit à mes amis d’école et cela m’avait apporté tout un lot de taquineries. Je dois admettre qu’elle n’avait pas tort : Alors que mes amis jouaient au ballon, à des jeux vidéo ou planifiaient des mauvais coups, moi je lisais, je réfléchissais aux grands problèmes de notre monde et faisait de la méditation. Bref, j’étais un peu hors-norme, peut-être même bizarre par moments.

Tout comme ici sur Terre, nous nous doutions qu’il y avait d’autres formes de vie intelligentes ailleurs dans l’univers. Nos gouvernements avaient des programmes spatiaux, nous avions envoyé plusieurs sondes d’exploration jusqu’aux limites de notre système planétaire et observions les étoiles depuis la nuit des temps en quête d’un signe d’une vie venant d’ailleurs Mais, nous n’avions pas, nous non plus, trouvé de preuves d’une forme de vie extra-ostranienne.

Bien sûr, on avait cru voir plusieurs apparitions d’OVNIs, mais rien d’indiscutable. Ces apparitions étaient devenues plus fréquentes et on en parlait de plus en plus. Certains n’y croyaient pas, d’autres en avaient peur et prédisaient la fin du monde. Quant à moi, je me disais qu’en l’absence de preuves, mieux valait faire ma petite vie, sans trop m’inquiéter. Pourtant, quelque chose était en train de se préparer.

***

Un jour nous avons découvert que nous n’étions pas seuls et ce fut une découverte désagréable. Ils sont arrivés sans avertir, avec leurs immenses vaisseaux et ils se sont stationnés un peu partout dans le ciel de notre monde. Alors, nous avons essayé de les contacter, mais très rapidement, nous avons compris qu’eux, ils ne voulaient pas nous parler. Ce qu’ils voulaient, c’était nous piller!

Il y avait des milliers de vaisseaux de plusieurs formes et chacune d’elle était spécialisée dans un type d’extraction et de pillage. Certains aspiraient l’eau de nos lacs, d’autre pompaient nos réserves de pétrole à même nos gigantesques réservoirs et il y en avait même qui étaient conçus pour voler nos minéraux entassés dans les paquebots qui voguaient sur nos océans.

Évidemment, nous avons tenté de défendre nos ressources. Alors, ils nous ont attaqués. En moins de cinq jours, ils avaient détruit la presque totalité des bases militaires de toutes les nations de notre planète. Nos pauvres armées ne firent pas le poids face à ces vaisseaux qui étaient des milliers de fois plus puissant que nous.

Leurs vaisseaux de guerre avaient alors commencé à détruire nos bâtiments ; d’abord les tours abritant les bureaux, puis les centres commerciaux et finalement, même les écoles et les maisons. Puis, ils passèrent ensuite avec d’autres vaisseaux munis de puissants champs magnétiques et ils aspirèrent les métaux des catacombes, laissant les blessés et les morts derrière. Ils étaient là pour voler nos ressources, que de gens souffrent ou meurent n’avait pas d’importance pour eux.

L’anarchie c’est vite emparé des grandes villes, ensuite des moyennes et puis finalement de la presque totalité de la planète. Nos armées avaient été décimées et des millions de gens étaient morts. En seulement quatre mois, ils NOUS avaient repoussés dans les villages éloignés et dans la forêt. Et parce qu’ils avaient tellement pompé d’eau de nos lacs et océans, la nature était devenue folle, ils avaient, aussi, créé l’anarchie dans notre environnement.

Étonnement, notre petit village qui était en recule et loin de tout, ne sembla pas avoir été remarqué. Peut-être avaient-il compris, eux, que notre village n’avait rien d’intéressant. Enfin, pour une fois, j’étais bien content de vivre au milieu de nulle part !

Par contre, cette paix localisée avait attiré beaucoup de réfugiés et la population de notre village avait presque triplé. Ma mère, une petite femme, légèrement ronde et pleine d’énergie avait, avec les autres femmes du village, transformé le centre communautaire en centre d’aide pour les réfugiés.

Puisqu’il n’y avait plus d’école, je passais mes journées à aider ma mère. Bien entendu, au centre, on entendait toutes sortes d’histoires et cela alimentait la peur collective. Moi, d’un autre côté, j’avais toujours été insouciant, alors lorsque quelqu’un racontait une histoire horrible, je me disais que cela ne devait pas être si terrible que ça.

La télévision, la radio et les journaux avaient cessés de fonctionner depuis un bon bout de temps, alors il ne restait que les témoignages des gens pour nous informer. Bien sûr, avant que tout n’arrête, on avait vu aux nouvelles les vaisseaux, les extraterrestres et les attaques des grandes villes, mais depuis plusieurs semaines, on ne voyait plus rien d’autres que les lumières des vaisseaux au loin, la nuit.

Enfin bref, j’essayais d’ignorer les témoignages d’horreur, je me terrais comme une autruche et j’essayais de faire ma petite vie aussi normalement que possible. Mais, un jour, ce refus de voir la vérité me couta presque la vie.

***

Ce jour-là, j’avais travaillé toute la journée au centre et mon père qui s’occupait de la sécurité dans le village était venu nous rendre visite pour s’assurer que tout allait bien. Nous étions alors débordés par l’installation de lits de camp supplémentaires dans la grande salle et alors que j’essayais de circuler avec un matelas entre les nombreuses personnes qui s’afféraient dans la pièce, mon père arriva :

« Bonjour fiston, où est ta mère ? »

« Je ne sais pas, t’as qu’à l’appeler sur son cellulaire. » Répondis-je avec un sourire moqueur, sachant très bien qu’il n’y avait plus de signal depuis longtemps.

« Carl, tu sais très bien que les cellulaires ne fonctionnent plus depuis le premier jour de l’invasion. Ces monstres sont intelligents et la première chose qu’ils ont fait c’est couper les communications et... »

Ma mère qui arrivait au même moment l’interrompit :

« Arrête mon amour ! Il le sait, je le sais et tout le monde le sait : Ils sont laids, méchants, ignobles, dangereusement intelligents et stratégiques. Arrête de radoter et viens ici que je t’embrasse. »

Mes parents étaient ridiculeusement en amour et à certains moments ils étaient gênants : La pièce était bondée de monde, on se marchait presque sur les pieds et eux, étaient là, au milieu de tous, en train de s’embrasser. Alors que nous étions au bord de l’anéantissement, eux passaient leur temps à s’Aimer.

« Maman. Où est-ce que je mets ce matelas ? »

« Attend, je suis occupé Carl. »

« Heu... Oui je vois bien, mais... C’est lourd. »

« Hoh, tu as raison, poses-le là et prend une pose. »

Et alors que j’allais fuir leur bulle amoureuse, mon père m’interrompit :

« N’oublie pas, cet après-midi, cours de survit en forêt ! »

« Ohh ! Non ! C’est la deuxième fois cette semaine ! »

« C’est important, si ces extraterrestres débarquent ici, on devra se réfugier dans la forêt, je veux que tu sois prêt... »

« Pa !!! »

« Pas de discussion, cet après-midi, 15h je passe te prendre ! »

Je poussai un soupir et sortis prendre l’air. Mon père, même avant l’invasion, avait toujours été un passionné de survies en forêt et de stratégie militaire. Lorsqu’il était jeune, il avait fait son service militaire et avait appris un tas de choses primordiales qu’il tenait « absolument » à m’enseigner.

Il était vraiment énervant avec ses cours de survie et ses grandes discussions sur l’art de la guerre. Ce n’était pas que ça ne m’intéressait pas, au contraire, j’adorais le sujet. Seulement voilà, cela faisait quatre mois qu’il me cassait les oreilles avec les mêmes théories et je devais bien être rendu à mon vingtième cours de survie en forêt.

Enfin, j’allai faire ce cours de survie, et après le cours il fut l’heure du repas. Nous étions assis à table, devant un respectable bol de riz accompagné d’une super sauce tomate et mon père nous racontait sa journée à gérer la sécurité du village:

« Tu vois fiston, si je n’avais pas été à mon poste à l’entrée du village, un autre groupe de réfugiés serait arrivé et nous aurions eu encore plus de bouches à nourrir. Je leur ai dit d’aller au village suivant et qu’ici nous n’avions plus de place. »

Ma mère lui répondit sur le champ :

« Chéri ! Ces gens seront peut-être refusés au village suivant. Nous aurions pu les prendre, il reste encore un peu de place. »

« Mais voyons mon amour, je vous ai vue installer les lits de camp cet après-midi... »

« Mais, je n’arrête pas de te dire que nous pourrions en prendre quelques-uns sous notre toit... »

« NON ! Et non, je refuse que des inconnues dorment et vivent sous notre toit, j’ai bien trop peur pour vous... »

Bon, ça recommençait : Ma mère et sa grande générosité voulait héberger des réfugiés et mon père le grand protecteur refusait. C’était une discussion à laquelle je ne voulais plus assister. Ma mère n’allait pas pouvoir sauver tout le monde et mon père n’allait bientôt plus pouvoir refuser des gens. Malgré leurs désaccords, leurs discussions finissaient toujours par de grands câlins et des gros « hohh Je t’aime... »

Évidemment, notre village était comme un oasis de tranquillité en comparaison avec ce qui se passait ailleurs. Outre le flot constant de réfugiés qui arrivaient à tous les jours avec leurs histoires d’horreurs, ici nous n’avions jamais vu d’extraterrestres en vrai.

Cette pseudo tranquillité m’avait conduit à une habitude un peu ridicule et dangereuse. Le soir après le repas, pour éviter leur bulle amoureuse, j’allais marcher dans les champs derrière chez nous. Quelques mois auparavant, cela n’aurait pas été possible, les cultures auraient été si hautes que je m’y serais perdu, mais là, les fermiers en avaient abandonné la culture et la sécheresse avait fait le reste du travail. Il ne restait que des terres arides où ne poussait maintenant presque plus rien. J’avais donc, juste derrière chez moi des kilomètres de champs et de terres où marcher.

Quelques fois, je pouvais apercevoir au loin dans la pénombre les lumières des vaisseaux extracteurs ou de guerres, cela me rassurait de les savoir si loin. Ils étaient toujours loin, ils ne venaient jamais dans notre région. Enfin, jusqu'à ce soir-là ils n’étaient jamais venus.

***

Je marchais depuis près d’une heure lorsque j’aperçus des lumières au loin dans le ciel. Je devais être à au moins deux ou trois kilomètres de la maison à ce moment-là et je me suis dit que j’étais allé beaucoup trop loin. Tellement loin qu’en me retournant je ne pouvais même plus voir notre maison. J’eus des frissons en pensant que la nuit allait bientôt tomber.

Je regardai à nouveau les lumières espérant qu’elles allaient s’éloigner. J’espérais naïvement qu’il s’agissait peut-être simplement d’avions de reconnaissance. Mais après quelques minutes d’observations, je fus forcé d’admettre qu’il ne s’agissait pas d’avions. Je repartis donc en direction de chez moi et au plus vite.

Je regardais sans cesse par-dessus mon épaule espérant qu’elles ne viendraient pas vers moi. Malheureusement, ce fut le cas et pour me rassurer je commençai à me parler à voix haute.

« Ok, ça va aller, Ils ne me verront pas. »

« Allez oust ! Allez-vous-en ailleurs ! »

« Je suis vraiment idiot d’être allez aussi loin. »

Il n’y avait rien à faire, je sentais mon cœur battre à toute vitesse et ce n’était pas seulement parce que je marchais vite. Les lumières s’approchèrent sérieusement, alors la panique s’empara de moi. Mais, au lieu de courir plus vite, je figeai net sur place et je restai là à les regarder qui venaient vers moi de plus en plus rapidement.

C’est alors que j’ai pu distinguer qu’il s’agissait de trois petits vaisseaux, deux qui en poursuivaient un autre. Celui qui était poursuivi ressemblait à une petite navette, il était de couleur pâle, allongé et avait une coque plutôt lisse. Les deux autres étaient de couleur foncé et outre leurs lumières je ne les voyais pas très bien. Cependant, une chose était certaine, c’est que les deux vaisseaux foncés poursuivaient le plus pâle et ils lui tiraient dessus. C’est là, que les choses devinrent vraiment mauvaises. Ils étaient rendus si près que leurs tirs perdus explosaient tout autour de moi.

Alors, je pris mes jambes à mon coup, enfin décidé à courir aussi vite que possible, mais il était déjà trop tard. J’entendis derrière moi un immense « bang » et je fus projeté par terre par une pluie, non une vague de terre. Et tout devint noir.

Lorsque je repris conscience, j’étais à plat ventre sur le sol et j’étais couvert de terre. Je me relevai péniblement et je vis qu’un des vaisseaux s’était écrasé à peine quelques mètres derrière moi.

J’entendis alors un grand cri. Mon sang se glaça de terreur et il n’était pas question que je reste là. J’allais courir vers chez moi, mais un deuxième cri survint. Cette fois le frisson qui me parcouru fut si fort que je dus fermer les yeux et me secouer la tête pour me défiger. Je réalisai alors toute la douleur et la peur de ce cri. Visiblement, quelqu’un ou quelque chose souffrait ou était terriblement effrayé.

Le vaisseau, en s’écrasant avait creusé une tranchée et avait du même coup poussé devant lui et sur les côtés un monticule de terre. Je compris vite d’où venaient les cris : Vers l’avant du vaisseau, à moitié ensevelie, une porte était entrouverte et bloquée. Je pouvais distinguer une lueur vacillante et de la fumée qui s’échappait par l’ouverture. De toute évidence, il y avait un incendie à bord et les passagers devaient être sérieusement en danger.

Soudain, je vis un « visage » dans l’ouverture. Mes yeux se remplir d’eau, c’était à la fois le trop plein de peur et de pitié qui m’envahissait. Je regardais le vaisseau, puis vers chez moi, puis le vaisseau et la fumée qui s’en échappait. J’étais terrorisé et j’avais pitié.

N’importe qu’elle autre personne aurait profité du moment pour fuir et laisser périr ces ignobles envahisseurs, mais moi je restais là, apeuré, immobile et hésitant. Je ne pouvais pas laisser des êtres vivants mourir. Comme si cette pensée avait réveillé en moi un moment de folie, je m’élançai vers la porte et entrepris de la libérer.

Une odeur bizarre et forte s’échappait de la porte que je n’osais pas regarder de peur de croiser leur regard. Par moment, la peur s’emparait de moi, mais je ne pouvais pas laisser mourir des êtres vivants, alors pour éviter la panique, je creusais et travaillais encore plus vigoureusement.

Lorsque enfin j’eus libéré la porte, il n’y avait plus de cris, seul le souffle et le crépitement de l’incendie se faisaient entendre. Je me décidai alors à tirer sur la poigné pour l’ouvrir et c’est à ce moment que je vis deux envahisseurs inconscients sur le sol à l’intérieur du vaisseau. Instinctivement j’empoignai le premier par le haut de son habit et le tirai à l’écart, puis je repartis chercher le deuxième.

L’incendie avait pris beaucoup d’ampleur, beaucoup de fumée sortait maintenant du vaisseau et des bruits d’explosions se faisaient entendre à bord. J’hésitai un moment avant d’empoigner le deuxième, mais je le tirai comme le premier, à reculons, en le tenant par le haut de son habit. Je pris alors conscience que j’étais en train de sauver un être qui lui, était en train de détruire notre monde.

C’est alors qu’il ouvrit les yeux. Pris de panique, je le relâchai, reculai de quelques pas. Il n’était pas question de le quitter des yeux avant d’avoir quelques pas d’avance et cela même s’il était presque mort. Juste au moment où je me retournai pour courir, je stoppai net. Me faisant face et me bloquant la route, un groupe de cinq envahisseurs, bien vivant, se tenaient devant un autre vaisseau.

Dans l’action, j’avais complètement oublié les autres vaisseaux. Ils devaient être arrivés pendant que j’essayais d’extirper le dernier survivant de l'écrasement. Le bruit des flammes et des explosions avait dû camoufler le bruit de leur arrivée. Peu importe, maintenant ils étaient là, devant moi et armés. Instinctivement, je levai les bras, tout en pensant « Et comme s’ils savaient ce que cela signifie. ».

***

Quatre d’entre eux, grands et maigres, vêtus d’uniforme noir, s’avancèrent vers moi. Je pouvais voir leur visage allongé, leurs grands yeux et leur peau grisâtre. Ils ne semblaient pas avoir de nez, à la place je pouvais voir deux petits orifices.

Je les regardais et je pouvais sentir mes jambes qui commençaient à faiblir. Mon cœur battait à une vitesse folle et je commençais à me sentir étourdi. Je respirais si vite que je n’entendais plus rien d’autre que mon propre souffle. Je devais me concentrer et retrouver mon calme. Je fermai les yeux et pensai : « Je ne veux pas mourir !!! Je n’ai rien fait, j’essayais simplement de les aider. »

Après quelques secondes, rien ne se passa, alors j’ouvris les yeux et je vis que les quatre envahisseurs avaient abaissé leur arme et que le cinquième s’approchait maintenant vers moi. Il n’était pas comme les autres. Il était beaucoup plus grand, beaucoup plus costaud et ses genoux lorsqu’il marchait se pliaient vers l’arrière.

J’étais à deux doigts de perdre connaissance. La fascination et la peur de ce monstre qui venait vers moi me figeaient. Son visage, contrairement aux autres, n’était pas gris et pale, mais plutôt noir, luisant et triangulaire. Ses yeux étaient comme ceux d’un dragon, allongés, perçants et hypnotisants. Plus il s’approchait, plus je sentais le vide se faire en moi. Je sentis mes jambes fléchir et ce fut le noir total.

***

Alors que je reprenais graduellement mes esprits, la première chose dont j’eus conscience fut le chant des oiseaux, puis le bruit d’un ruisseau au loin. Il me fallut quelques secondes pour trouver la force d’ouvrir les yeux et je pus distinguer à ma droite le dossier du banc de parc sur lequel j’étais étendu. Il faisait sombre, mais pas complètement noir, comme lorsque le soleil vient de se coucher. Pourtant, je pouvais distinguer un ciel noir et étoilé qui transperçait le rideau de branches et de feuilles des arbres autour de moi. C’est lorsque je levai les yeux que je la vis.

Elle était assise à côté de moi et elle me regardait paisiblement. Elle ne devait pas être beaucoup plus vieille que moi, 15 ou 16 ans peut-être. Ses yeux bleus azurs reflétaient la lumière ambiante qui semblait venir du sol. Ses longs cheveux étaient d’un roux presque rouge et sa peau n’était pas tachetée comme la plupart des roux. Au contraire, elle avait un teint légèrement bronzé et une peau sans la moindre imperfection. Elle était mince, elle sentait bon et elle était si belle.

Après quelques secondes de fascination, je réalisai que je la dévisageais. Un peu gêné, je me relevai doucement et m’assis à côté d’elle. Je pouvais maintenant voir que je me trouvais dans un parc où serpentaient entre les arbres de petits chemins bordés de lampes d’ambiance. Après quelques secondes de réflexion, je me retournai vers elle, et devant sa beauté et l’étrangeté des choses, je ne trouvai que ces paroles :

« Suis-je mort ? Es-tu un ange ? »

« Non, pas du tout.»

« Alors comment suis-je arrivé ici, ou sommes-nous ? »

« Nous sommes à dans le Parc de la Sérénité, on m’a dit que l’on t’avait sauvé et emmené ici pour ta sécurité. »

« Qui es-tu ? »

« Je m’appelle Valéria, on m’a demandé de rester avec toi jusqu'à ton réveil, de t’accompagner et de t’expliquer. »

« Où sont mes parents ? »

« Toujours chez toi je suppose, je ne sais pas pourquoi ils n’ont emmené que toi. Viens, nous allons marcher et je vais t’expliquer. »

Très rapidement et avec un naturel déroutant, elle m’expliqua alors qu’Ostra était attaqué par des êtres de l’Empire de Neur, des êtres méchants et implacables depuis toujours. Elle me raconta que plus personne n’osait s’en prendre à eux. Alors un regroupement de plusieurs mondes plus pacifiques avaient conclu une trêve et que cette trêve leur permettait de sauver certains êtres vivants de ces mondes. Habituellement c’était plutôt des scientifiques, des couples de jeunes adultes ou quelques fois certaines espèces d’animaux. Elle me raconta que selon elle c’était bien peu, mais qu’à l’école on lui avait appris que c’était néanmoins la meilleure chose à faire...

« À L’école ? Attends ! Des êtres ? Des extra-terrestres tu veux dire ? Quelle école ? Depuis quand les écoles enseignent elles ces choses-là, de quoi ??? » Lui lançais-je juste avant de m’arrêter faute de mots ou d’une question claire. Voyant mon désarroi, elle sourit et continua simplement.

« Oui, des extra-terrestres si tu veux, mais nous ici on dit « des êtres » et bien sûr que nos écoles enseignent tout ça, sinon qui le ferait ? Ne t’en fais pas, ça te prendra quelque temps et tout ça deviendra normal pour toi, tu verras, on est très bien ici » me dit-elle de sa voix douce.

« Ici ? Dans ce parc ? Je ne comprends pas ? »

Elle me regarda, comme un professeur regarde un enfant qui n’a rien compris de ses explications et en guise de réponse, elle me pointa le ciel.

« Ohh ... » m’exclamais-je en levant les yeux.

 
 
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